ALPHONSE ALLAIS : Journaliste, Humoriste, Écrivain, Inventeur tout en un !
Allais n'avait ni ambition littéraire, ni dessein esthétique, ni convictions affirmées
Et pourtant...
ALPHONSE ALLAIS
Né le 20 octobre 1854 à Honfleur, dernier de cinq enfants d'un père pharmacien, Charles-Alphonse Allais serait aujourd'hui ce qu'on appelle un « influenceur ». Provocateur de la Belle Époque, il préfigure le style littéraire « absurde », se posant en maître du non-sens avec ses jeux de mots et ses vers holorimes. Allais vise fort et juste avec son arbalète verbale les imbéciles qui se prennent trop au sérieux, qu'ils soient politiciens, membres du clergé ou petits bourgeois.
A comme Artiste... Comme Allais...
Outre son œuvre écrite, Allais se distingue comme praticien des Arts Incohérents sur ordonnance.
Artiste « monochroïdal » avant l’heure, précédant Soulages, Malevitch, Yves Klein…
Articles sur le sujet : ALLAIS INSPIRE / A COMME… ALBUM PRIMO-AVRILESQUE
Dans Allais, il y a la lettre S de Scientifique...
Vu par certains de son époque comme un génie ou un farfelu, selon les perspectives, il invente des objets aux noms excentriques qui deviennent, pour certains, indispensables à notre quotidien actuel. Le sait-il seulement ? La plupart de ses créations n'ont jamais été brevetées, sauf une exception notable : le « sucre-café soluble », précurseur du Nescafé. C'est lorsqu'il était stagiaire à Paris, à la pharmacie Viger Allard (qui existe toujours), que l'idée lui est venue, en collaboration avec le pharmacien. Le 7 mars 1881, ils déposent au ministère de l'Agriculture et du Commerce, sous le numéro 141530, le fameux brevet. Tout comme Napoléon 1er avait imaginé la forme de la baguette pour rendre le pain plus facilement transportable par les soldats, le breuvage noir lyophilisé est initialement destiné aux armées. C’est pratique !
Comble de l’histoire...
Le brevet tombe dans les oubliettes, et cent ans plus tard, ce sont les G.I. qui débarquent sur les plages de Normandie, armés de leur café soluble !
Copie du brevet déposé sous le numéro 141330
A…Comme Ascension…
En 1872, Allais quitte la côte fleurie pour Paris, théoriquement pour y poursuivre ses études. Mais l'attrait des terrasses de bistrots parisiens l'emporte rapidement sur les exigences de l'école de pharmacie, à la grande déception de son père, qui espérait le voir prendre sa relève. À Paris, Alphonse plonge dans le milieu « underground » du Quartier latin, fréquentant les cercles des « Fumistes », des « Hydropathes » et des « Hirsutes ». Déçu par les « fumisteries » de son fils, l’apothicaire cesse de le soutenir financièrement. Pour survivre, Allais oublia le pilon et le mortier pour se consacrer à la plume et le journalisme. De 1875 à 1880, il écrit pour l'hebdomadaire Le Tintamarre. Après l'échec de ses études de pharmacie, il rejoint Le Chat Noir, où il signe pour la première fois en 1883 avant d'en devenir rédacteur en chef en 1886. Il continue à publier quotidiennement des contes et autres œuvres courtes dans des journaux comme Gil Blas et, à partir de 1892, Le Journal. Durant cette période, il publie ses premiers recueils : À se tordre (1891) et Vive la vie ! (1892).
TIMBRE Pharmacie "ALLAIS" Honfleur
Alphonse allais au Chat Noir
A comme A’Dieu…
Alphonse Allais meurt en 1905, à l'âge de 51 ans, d'une embolie pulmonaire, à l'hôtel Britannia, à Paris rue d’Amsterdam. En 1944, une bombe anglaise détruit complètement sa tombe au cimetière de Saint-Ouen.
Rue d’Amsterdam
L’hôtel le Britannia se situait au numéro 24.
Une plaque commémorative, ajoutée en 2005, précise :
« Sous cette dalle (en pente) a reposé Alphonse Allais, écrivain humoristique, enterré le 28 octobre 1905, sublimé le 21 avril 1944 par une bombe de la RAF, transféré virtuellement à Montmartre le 24 octobre 2005 ».
Puis elles furent (les cendres) rapatriées en 2008 par Grégoire Lacroix, écrivain, journaliste, poète français et membre de l'Académie Alphonse-Allais, à Honfleur au Petit Musée.
La preuve en cliquant sur l’image ci-dessous !
Cette biographie sera prochainement complétée par la page « son Entourage », avec des portraits et des anecdotes.
CHRONOLOGIE
1854. Naissance à Honfleur (20 octobre).
1870. Reçu bachelier ès sciences à Caen.
1872. Stagiaire en pharmacie à Paris.
1876. Après le service militaire, retour à Paris et entrée à l’École de pharmacie.
1879. Collaboration au journal L’Hydropathe.
1880. Fin des études de pharmacie.
1881. Dépose un brevet pour le café soluble lyophilisé, fréquente les Hirsutes, collabore à L’Anti-Concierge de Sapeck.
1883. Première publication dans Le Chat noir, créé en 1882 par Rodolphe Salis et Émile Goudeau. Participation au salon des Arts incohérents.
1884. Secrétaire de rédaction du Chat noir.
1885. Collaboration au Courrier français.
1886. Rédacteur en chef du Chat noir.
1887. Première publication : La Nuit blanche d’un hussard rouge.
1891. Publication d’un premier recueil de contes : À se tordre. – Collaboration au Gil Blas illustré.
1892. Vive la vie ! – Collaboration au Journal (rubrique « La vie drôle »).
1893. Pas de bile. – Le Parapluie de l’escouade.
1894. Rose et Vert Pomme.
1895. Deux et deux font cinq. – Mariage avec Marguerite Marie Gouzée.
1896. On n’est pas des bœufs. – Création d’Innocent, pièce écrite en collaboration avec Alfred Capus.
1897. L’Album primo-avrilesque. – Le Bec en l’air.
1898. Amours, délices et orgues. – Création de Silvérie ou les Fonds hollandais, pièce écrite en collaboration avec Tristan Bernard. – Naissance de sa fille Paulette.
1899. Pour cause de fin de bail. – L’Affaire Blaireau. – Rédacteur en chef du journal Le Sourire, créé par Maurice Méry.
1900. Ne nous frappons pas.
1902. Le Captain Cap.
1903. Création de Congé amiable (collaboration avec Tristan Bernard) et de Monsieur la Pudeur (collaboration avec Félix Galipaux et Paul Bonhomme).
1904. Création de Chat-Mauve Revue (collaboration avec Albert René et Paul Bonhomme) et de La Partie de dominos (collaboration avec Sacha Guitry).
1905. Mort à l’hôtel Britannia, 24 rue d’Amsterdam à Paris, d’une embolie pulmonaire consécutive à une phlébite (28 octobre).